« Beau comme la rencontre fortuite sur un tapis d’abeilles d’un recourbe-cils et d’une pince à escargots » 

MERCREDI 15 JANVIER 2020

VERNISSAGE

MERCREDI 15 JANVIER au SAMEDI 7 MARS 2020

EXPOSITION

Et ils eurent beaucoup de recourbes-escargots… 

Emma Picard définit son travail comme de la sculpture collaborative dans la lignée de Fluxus. En 2018, l’artiste débute un travail avec 3 ruches et 50 000 « abeilles-assistantes ». Elle produit des œuvres étonnantes par une technique de lavis au jus de citron où les abeilles sculptent l’abstraction de leurs alvéoles géométriques. Ses dessins figuratifs, naturellement « beexelisés », lèvent un pan de voile sur l’absurdité du monde : Adam et Eve chassés du Paradis pollinisant à la main – tels des chinois du Sichuan – croisent un couple tout droit sorti du célèbre poème du Comte de Lautréamont. « Beau comme la rencontre fortuite sur un tapis d’abeilles d’un recourbe-cils et d’une pince à escargots », autant d’images possibles de notre survie dans une « République Poétique ».

LUZ PLEGADA / LES MILLE NUITS et UNE NUIT

L’exposition présente les 3 premières planches de la série Les Mille Nuits et Une Nuit (1996), ainsi que 10 des 14 planches de la suite Luz plegada réalisées par l’artiste espagnol José María Sicilia(1955) entre 1992 et 1993 dans l’atelier parisien de l’éditeur Michael Woolworth.

« Dans le cycle  LUZ PLEGADA, l’utilisation de papiers Japon diaphanes, le recours au pliage comme à la double impression sur le recto et le verso des feuilles favorisent une confusion féconde entre surface et profondeur. Dans la lumière pliée des pages se déroule une bien curieuse et séduisante partie de cache-cache. Parmi les tâches blondes et les ombres violacées se faufilent de délicats papillons et d’industrieuses abeilles, de précaires insectes, tantôt dissimulés, tantôt éclairés par une goutte de miel dorée. Semblable à l’activité non consciente qui règne au sein de la ruche, l’œuvre de Sicilia revendique en quelque sorte le droit d’opérer à l’intérieur d’elle-même, (…) hors de tout regard. »

Caroline Joubert  

www.centredelagravure.be/en/artists/758-sicilia-jose-maria                                                                                          

« Depuis 1986, c’est avec lui que j’ai le plus collaboré : nous avons produit ensemble plus de 300 œuvres. Son exigence et son audace me font sans cesse repousser les limites de ma pratique : plonger un livre dans un bain de cire d’abeille, faire courir un lézard sur une pierre lithographique pour capter l’empreinte de ses pattes, répliquer en litho sur plâtre un tapis persan, débrocher un livre ancien pour recouvrir ses pages d’impressions contemporaines… pour lui, j’ai même mis sous presse des fleurs fraîchement coupées, ne laissant sur la feuille que de vives traces de couleur, comme une métaphore de la beauté consumée »